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Agrégation externe de russe, session 2014

Programme

I - Littérature

- Gavrila Deržavin :
Na smert’ knjazja Meščerskogo ;
Felica
Bog
Vodopad
Pamjatnik

- Ivan Gončarov : Oblomov

- Anton Čexov : Višnevyj sad

Andrej Belyj : Peterburg(édition de Berlin, 1922, reproduite dans l’édition de Moscou, « Xudožestvennaja Literatura », 1978)

- Viktor Pelevin : Generation P.

II - Civilisation

1. L’invention du peuple au XIXe siècle

Le peuple russe est l’objet de diverses constructions dans le courant du XIX e siècle, que ce soit le peuple de la narodnost’, celui des populistes, des peintres Ambulants ou des opéras historiques. Outre la palette des identités (historique, éthique, linguistique, etc.) que ces constructions ont élaborées, il conviendra de connaître le contexte socio-économique et politique dans lequel elles s’inscrivent, les milieux au sein desquels elles s’élaborent, les courants et divergences qui les traversent, les projets politiques qu’elles ont nourris, les œuvres artistiques qu’elles ont inspirées.

Pistes bibliographiques

- BESANÇON, Alain. « Comment la Russie a pensé au peuple », in Romantisme, 1975, N°9, 109-115
- BERELOWITCH, Wladimir. « Aux origines de l’ethnographie russe », in Cahiers du monde russe et soviétique, 1990, N°31, p. 265-273.
- PESSIN, Alain, Le populisme : le populisme russe 1821-1881 ou la rencontre avec un peuple imaginaire : populisme, mythe et anarchie, Atelier de création libertaire, Lyon, 1997.
- VENTURI, Franco. Les intellectuels, le peuple et la révolution, Paris, Gallimard, 1972 (2 vol.)
- GRAFSKIJ, Vladimir. Političeskie i pravovye vzgljady russkix narodnikov : istoki i èvoljucija, « Nauka », Moskva, 1993.
Revoljucionnoe narodničestvo 70-x godov 19 veka. Sbornik dokumentov i materialov v 2 tomax, pod redakciej S.S. Volka, Moskva, 1965 (extraits sur http://krotov.info/history/19/1870/1870narvol.html)
- VIŠLENKOVA, Elena. Vizual ́noe narodovedenie imperii, ili « Uvidet ́ russkogo dano ne každomu », Moskva, 2011.
- AKSAKOV, Konstantin, Gosudarstvo i narod. Sost. i komment. A. V. Belova ; pred. A. D. Kaplina ; otv. red. O. A Platonov, Moskva, 2009.
- ZORIN, Andrej. Kormja dvuglavogo orla... Literatura i gosudarstvennaja ideologija v Rossii v poslednej treti XVIII–pervoj treti XIX veka. NLO, Moskva, 2001.

2. Les enjeux politiques, sociaux et artistiques du cinéma en Russie soviétique de 1957 à 1991

Lorsque Letjat žuravli reçoit la Palme d’Or au festival de Cannes 1958, le monde prend conscience que le cinéma soviétique a changé : il ose de nouveaux choix esthétiques – qui renouent parfois avec ceux des années 20 – et il aborde autrement diverses questions d’histoire, de émoire et de société. Les années 60 voient se multiplier des films d’une esthétique et d’un ton différents de ceux des décennies passées, notamment parce que le nombre de films produits augmente considérablement et que de nouveaux réalisateurs sont arrivés et arriv ent dans le cinéma (Georgij Danelija, Aleksandr Mitta, Andrej Tarkovskij, Andrej Končalovskij, Andrej Smirnov, Èlem Klimov, Vasilij Šukšin...). Une légèreté nouvelle se fait sentir, tandis que des enjeux politiques et sociaux sont au cœur d’assez nombreux films : la mémoire de la guerre, celle de la révolution et de la guerre civile, le rapport père-fils, la représentation des jeunes, la voie à poursuivre ou à modifier après le stalinisme, l’identité russe... Le PCUS hausse le ton et certains conflits deviennent emblématiques (autour deZastava Il’ičade Marlen Huciev, notamment). Plusieurs films sont, sinon interdits, du moins « posés sur l’étagère » (Asino sčast’e, pendant un temps Andrej Roublev, Komissar d’Askol’dov, etc.).

La fin du Dégel marque celle de certaines audaces, ce qui n’empêche pas l’URSS de produire, pendant les années 70, un cinéma de bonne qualité (les films de Gleb Panfilov, Èl’dar Rjazanov, Nikita Mihalkov, etc.) qui aborde parfois des problèmes sociaux. Des cinéastes – Končalovskij, etc. – tentent de faire passer les messages idéologiques officiels sous une forme séduisante, d’autres – Tarkovskij, etc. – explorent des voies plus personnelles, tandis que beaucoup trouvent dans les adaptations des classiques des moyens d’échapper, au moins en partie, au strict contrôle des autorités. Des choix s’affirment et des destins divergent. En mai 1986, le cinquième Congrès de l’Union du cinéma semble redéfinir les règles du jeu dans un champ cinématographique où les dirigeants doivent céder la place à de plus jeunes. Avec la perestroïka, des films, jadis « posés sur l’étagère », sont enfin distribués, tandis que d’autres, plus récemment tournés, renouvellent radicalement le regard posé sur la société soviétique ( Pokajanie, un film géorgien dont l’impact en Russie a été énorme, Malen’kaja Vera, etc.). La censure s’affaiblit, tandis qu’apparaissent des possibilités accrues de tourner des (co)-productions avec l’Occident et que se multiplient de nouveaux débats – notamment sur l’économie du cinéma et sur les choix thématiques et esthétiques à faire.

Ce sujet implique de voir les films de fiction les plus marquants de cette période (et notamment ceux des réalisateurs évoqués ici), et de comprendre dans quel contexte politique et social ces films ont été tournés, vus, parfois écartés et redécouverts. L’approche est donc double : que montrent ces films de leur société et de leur pays, et comment les autorités du pays influent -elles sur ces films, leurs conditions de réalisation, leur sortie et leur destin ? Au-delà de cette double approche et de l’histoire du cinéma qu’elle implique, une question – déjà bien abordée par les historiens – se dessine : comment écrire l’histoire soviétique, en s’appuyant sur des sources cinématographiques ?

Pistes bibliographiques

Les très nombreux souvenirs et biographies de réalisateurs et d’acteurs, parus en Russie au cours des quinze dernières années.

BAECQUE, Antoine de, DELAGE, Christian (sous la direction de). De l’histoire au cinéma.Paris : Complexe, 1998-2008. 223 p.

EUMERS, Birgit. Nikita Mikhalkov. London, New York : I.B.Tauris, 2005. 146 p.

DELAGE, Christian, GUIGUENO, Vincent. L’historien et le film. Paris : Folio-Histoire, 2004. 362 p.

EISENSCHITZ, Bernard (sous la direction de). Gels et dégels. Une autre histoire du cinéma soviétique. 1926-1968. Paris : Centre Georges Pompidou, 2002. 216 p.

FERRO, Marc. Cinéma et Histoire. Paris : Folio-Histoire, 1977-1993. 291 p.

FOMIN, Valerij. Kino i vlast’. Sovetskoe kino : 1965-1985 gody . Moskva : « Materik », 1996. 370 p.

GODET, Martine, La pellicule et les ciseaux. La censure dans le cinéma soviétique du Dégel à la perestroïka, Paris, CNRS éditions, collection « Mondes russes et est-européens », 2010, 308 p.

HORTON, Andrew. BRASHINSKY, Michael. The Zero Hour. Glasnost and Soviet Cinema in Transition. Princeton, New Jersey : Princeton University Press, 1992. 288 p.

GOLOVSKOJ, Valerij. Meždu ottepel’ju i glasnost’ju. Kinematograf 70-x . Moskva : Izdatel’stvo « Materik », 2004. 388 p.

KLIMOV, Èlem. Nesnjatoe kino. Moskva : Hronikër, 2008. 382 p.

KONČALOVSKIJ, Andrej. Nizkie istiny. Moskva : kollekcija « Soveršenno sekretno », 1998. 384 p.

KONČALOVSKIJ, Andrej. Vozvyšajuščij obman. Moskva : kollekcija « Soveršenno sekretno », 1999. 352 p.

LAWTON, Anna. Kinoglasnost. Soviet Cinema in our time. Cambridge : Cambridge University Press, 1992. 288 p.

LIPKOV, Aleksandr. Vse kraski èkrana. Taškent : Izdatel’stvo literat ury i iskusstva, 1983. 287 p.

Voir en ligne : http://www.education.gouv.fr/cid583...