Accueil du site > Publications > Parutions 2008-2009
La revue russe - D’autres Russies
Altérité, diversité et complexité dans la Russie d’aujourd’hui
publié sous la direction de Cécile Vaissié
20 €
Cahiers LÉON TOLSTOÏ - Tolstoï et la musique
Publié sous la direction de Michel AUCOUTURIER
La musique a joué dans la vie et l’œuvre de Tolstoï un rôle immense, auquel bien des études ont déjà été consacrées. Celles qui sont réunies ici pourront donner une idée de la variété des liens qui unissent cette œuvre et cette personnalité au monde de la musique : qu’il s’agisse de l’écho que celui-ci trouve dans sa sensibilité (André Lischke) ou de la place que lui fait sa conception de l’art (Jean-Louis Backès), de l’image qu’en donne son œuvre de jeunesse (Laetitia Le Guay) ou de la dimension musicale de son écriture (Marie Sémon), de l’aide que le langage de la musique peut apporter à l’interprétation critique de ses romans (Édith Vanel) ou des sources d’inspiration qu’un compositeur italien du début de ce siècle a pu trouver dans son œuvre (Walter Zidarič).
10 €
Le formalisme en Russie, par Catherine Depretto
Depuis son importation sur la scène théorique française par les passeurs structuralistes, le formalisme en terrain russe a sans doute souffert d’inévitables simplifications. Les travaux réunis dans ce livre contribuent à éclairer d’un jour nouveau ce courant majeur de la critique littéraire du xxe siècle. Plutôt qu’une chronologie factuelle du mouvement ou qu’une analyse de ses gestes fondamentaux, l’ouvrage s’intéresse à ceux qui ont fait son histoire, en particulier à Jurij Tynjanov, Viktor Šklovskij, Boris Ejxenbaum, Roman Jakobson, Evgenij Polivanov, comme aux figures moins célèbres d’un formalisme moscovite plus discret, Boris Jarxo ou Grigorij Vinokur.
L’accent est mis sur la généalogie du formalisme russe, sur son inscription dans le champ culturel de l’Âge d’argent, en particulier au sein de l’Université de Saint-Pétersbourg, véritable pépinière de savants et de poètes. Enfin, le livre insiste sur cette caractéristique fondamentale du mouvement : le lien réciproque entre la poésie vivante de l’époque (Esenin, Majakov-skij, Mandel’štam, Pasternak, Xlebnikov) et l’analyse historico- littéraire des formalistes ; ou pour le dire autrement, entre création et théorie littéraire. L’ensemble est précédé d’une introduction, dressant un panorama de la réception passée et présente du formalisme russe et complétée d’une bibliographie des principaux travaux parus depuis 1990.
Spécialiste de la théorie littéraire et de l’histoire culturelle du xxe siècle en terrain russe, Catherine Depretto enseigne à l’université Paris-Sorbonne. Elle a traduit et annoté les textes historico-théoriques majeurs de Tynjanov, Formalisme et histoire littéraire (1991) et édité L’héritage de Bakhtine (1997). Elle a dirigé plusieurs numéros thématiques de la Revue des études slaves, dont B. M. Èjxenbaum (1985), La littérature soviétique aujourd’hui (2001) et L’écriture de l’intime (2008).
24 €
Revue des études slaves
ARTICLES
- À PROPOS DE …
Marina Cvetaeva : édition en français de la Correspondance avec Boris Pasternak (1922-1936) et de ses Carnets (1913-1939), par Françoise LESOURD 363
- CHRONIQUE
- COMPTES RENDUS
La Tchécoslovaquie sismographe de l’Europe au XXe siécle
Publié sous la direction d’Antoine MARÈS
Depuis 1618, début de la guerre de Trente Ans, qui éclate précisément à Prague, l’espace tchéco-slovaque joue le rôle de sismographe du continent. Plus que jamais au xxe siècle, lors des « années en huit » où tous les grands séismes politiques ont trouvé une forme aiguë du côté de Prague et de Bratislava :
– en 1918, les empires s’effondrent au profit des États nationaux et, dans un premier temps, démocratiques ;
– en 1938, la crise internationale et les accords de Munich traduisent le recul des démocraties face au nazisme ;
– en 1948, la prise de pouvoir par les communistes le 25 février sonne le glas de l’indépendance face à Moscou et illustre la division de l’Europe autour des deux blocs ;
– en 1968, Tchèques et Slovaques apportent leur pierre à la réflexion d’un modèle alternatif au système soviétique, proposant une « troisième voie » entre capitalisme et communisme ;
– en 1988-1989, la Tchécoslovaquie participe à l’effondrement du bloc soviétique, avec une « révolution de velours », qui sera suivie en 1993 d’un « divorce de velours ».
Intégrer cette histoire particulière – et exemplaire – dans un cadre comparatif et essayer de l’écrire en dehors de schémas strictement occidentaux, comme c’est si souvent le cas, telle est la gageure de cet ouvrage collectif qui rassemble historiens français et européens (et surtout centre européens).
18 €
Revue des études slaves
LA COHÉRENCE DU DISCOURS DANS LES LANGUES SLAVES
Linguistique théorique et textuelle
sous la direction de Jean BREUILLARD, Paul-Louis THOMAS et Hélène WŁODARCZYK
Articles
Présentation,
par Jean Breuillard, Paul-Louis Thomas et Hélène Włodarczyk
1. Marquage segmental de la cohérence
2. Marquages non segmentaux de la cohérence : ordre des mots, rythme
SÉMON Jean-Paul, Focalisation et aspect en russe Focalization and Verbal Aspect in Russian
*Chronique bibliographique ♦ Nécrologie
Études slaves médiévales - Nouvelles perspectives de recherche
Juan Antonio Álvarez-Pedrosa & Susana Torres Prieto, editors
Ce recueil s’adresse aux médiévistes aussi bien qu’aux slavistes. Il essaie de montrer, à l’aide de cas concrets, comment les techniques modernes d’analyse codicologique, de catalogage partagé, de mise en réseau et d’indexation des corpus de textes et d’images, permettent d’envisager une approche beaucoup plus exhaustive de la culture slave médiévale et en même temps d’ouvrir ce domaine aux comparatistes. Datation des filigranes, relevé des mains de scribe et des mentions d’appartenance, identification des clefs bibliques ou liturgiques, problème de traduction et de transcription, d’emprunt et de re-création entre les cultures latine, grecque et slavonne sont les principaux thèmes abordés par ces contributions réunissant des spécialistes européens et nord-américains.
Medieval Slavonic Studies
New Perspectives for Research
The present volume is addressed to both medievalists and specialists
in Slavonic studies. Focusing on particular case-studies from
all geographic areas of the Slavonic Middle Ages, it aims at showing
how the application of both modern techniques and newly
revised intellectual approaches allow us to envision a more in-depth
perspective of medieval Slavonic culture. From new codicological
and palaeographic techniques of analysis and cataloguing, to identification of biblical and liturgical keys to textual analysis, without
forgetting the many challenges posed by the transcription, translation
and recreation of Latin and Greek sources into Slavic language
and Slavonic culture, this volume presents some of the latest lines
of research into Slavonic Middle Ages by European and American
specialists.
20 €
L’Église des premiers saints métropolites russes, par Élisabeth Teiro
Il est difficile de comprendre l’orthodoxie actuelle sans s’intéresser à la métropole russe. Pendant cinq siècles, de 998 à 1448, la métropole « de Kiev et de toute la Rus′ » a fait partie de l’oikouméné byzantine. Elle était à la fois la plus lointaine et la plus vaste province ecclésiastique du patriarcat de Constantinople. Le métropolite, son chef, était presque toujours un Grec, jusqu’au XIIIe siècle, où commence à s’instaurer une alternance entre Slaves orientaux et Grecs ou Bulgares. C’est aussi à la fin du XIIIe siècle que le siège métropolitain passe de Kiev à Vladimir-sur-la-Kljaz’ma (1299), puis à Moscou (1328).
En 1448, l’Église russe devient autocéphale à son corps défendant, parce qu’elle rejette l’Union avec Rome que son métropolite grec avait acceptée le concile de Florence. Un siècle plus tard, les religieux russes assument cette rupture en affirmant que le flambeau de l’orthodoxie authentique brille à Moscou d’un éclat plus pur qu’à Constantinople. La théorie « Moscou est la Troisième Rome » (v. 1510-1540), le couronnement impérial du premier tsar russe (1547) et la création du patriarcat russe (1589) sont les conséquences de cette évolution.
La période qui va de l’établissement de la métropole à Vladimir à la créa- tion du patriarcat russe est abordée sous quatre angles : l’histoire des diocèses russes, la carrière des évêques et des métropolites, la reconnaissance de la sainteté des métropolites, dont deux (Pierre et Alexis) deviennent les patrons par excellence de Moscou et de l’Église russe, et enfin les possessions foncières de la métropole. À la lecture de cette monographie, c’est tout un pan de l’histoire religieuse russe qui se dévoile. Il devient possible de toucher de plus près les réalités du sol et des hommes, aussi bien que les inquiétudes et les attentes spirituelles d’une Église devenue l’ultime recours des croyants, car « il n’y aura pas de Quatrième Rome »...
24 €
Lieux de mémoire en Europe centrale
Publié sous la direction d’Antoine MARÈS
Postface de Bernard MICHEL
Depuis l’ouvrage monumental dirigé par Pierre Nora entre 1984 et 1992, le concept de Lieux de mémoire a essaimé dans toute l’Europe. Même si l’Europe centrale demeure encore trop souvent un angle mort de la vision française, alors qu’elle fait partie de l’Union européenne depuis mai 2004, les textes ici rassemblés d’historiens slovaques, tchèques et français voudraient montrer toute la richesse, non seulement de cette thématique, mais aussi de la recherche la plus récente sur la région.
À travers les hauteurs de Bohême, sur la colline de Devín –
proche de Bratislava et d’où l’on peut contempler à la fois la
République tchèque, l’Autriche, la Slovaquie et la Hongrie –,
sur le champ de bataille d’Austerlitz (Slavkov) ou parmi les
monuments funéraires les plus symboliques des Pays tchèques,
de Slovaquie et de Budapest, ce livre est une invitation à découvrir l’Europe centrale, dans sa complexité et ses contradictions.
Comment a-t-on construit et déconstruit les identités nationales ? Comment a-t-on géré ou gère-t-on aujourd’hui la mémoire des passés douloureux, qu’il s’agisse de la Shoah ou du passé communiste ? Quels liens peut-on établir entre la singularité centre-européenne et le reste de l’Europe ? Quelles
relations symboliques les Tchèques ont-ils entretenues avec la
France ? Voici quelques-unes des questions auxquelles ce
volume tente de répondre par l’exemple, allant du XIXe siècle au
temps présent, à la fois dans le dépaysement et en vue d’une
réflexion qui est en fait commune aux Européens d’aujourd’hui.
20 €
VLADIMÍR HOLAN - le bibliothécaire de Dieu (Prague 1905-1980), par Xavier Galmiche
Né en 1905 et mort en 1980, Vladimír Holan appartient à la première génération de grands poètes tchèques du XXe siècle. Pour certains lecteurs, il est le plus grand d’entre eux. Et c’est bien tout le siècle, avec son tremblement d’ambition et de terreur, que son œuvre a accompagné. Elle fut nourrie aux sources du néo-symbolisme et de l’orphisme, mais, confrontée aux drames de l’Histoire, dut se réformer et se convertir à un existentialisme métaphysique.
Ce volume suit la trajectoire de cette œuvre essentielle et réputée « ténébreuse », à travers une présentation du poète et de ses recueils suivie des commentaires approfondis d’une vingtaine de textes présentés en édition bilingue, extraits de L’Éventail halluciné (1926), Souffle (1932), Pierre, te voici ... (1937), Songe (1939), Terezka Planetová (1943), Ceux de l’Armée rouge (1947), En marche et La Nuit avec Hamlet (1964), Douleur (1964), À l’article (1967), Adieu ? (1982).
18 €
La revue russe - L’épistolaire en Russie
Numéro spécial publié sous la direction de Rodolphe Baudin.
16 €
Revue des études slaves
Articles
LE FEUVRE Claire, Sur les désinences verbales de duel en slave
On Verbal Dual Endings in Slavic
À propos de…
K. S. Stanislavskij, par Gérard ABENSOUR
Chronique bibliographique
18 €
L’enseignement du polonais en France - IIes assises
Depuis la rentrée de la Pologne dans l’Union européenne en 2004, l’intérêt pour la langue et la culture de ce pays croit sensiblement. La Société française d’études polonaises (SFEP), issue de la Société des professeurs de polonais créée en 1983 est une association qui regroupe les polonisants de France ainsi que toutes les personnes intéressées par la Pologne dans différents domaines (langue, littérature, histoire, économie, arts, politique, etc.).
Les IIes Assises de polonais organisées par la SFEP cinq ans après les premières ont repris les grandes questions liées à la pratique de l’enseignement de la langue, de la littérature et de la civilisation polonaises.
Ce volume regroupe les conférences prononcées lors des IIes Assises, avec quelques textes nouveaux ou largement modifiés. On peut y trouver aussi bien des informations pratiques (où et comment apprendre le polonais en France) que des textes plus spécialisés dans le domaine des recherches historiques, linguistiques ou littéraires.
12 €
Le témoignage dans la littérature polonaise du XXe siècle
Textes réunis par Hanna KONICKA et Charles ZAREMBA
Nombreux sont à notre époque les écrivains qui privilégient des formes littéraires ayant trait aux mémoires, au journal intime, à l’autobiographie et au reportage. Comme si les règles de genres fictionnels apparaissaient inadéquates à l’expérience du siècle dernier, marqué par totalitarismes, guerres d’extermination ou désenchantements idéologiques. Dans la culture polonaise, l’ampleur du phénomène semble signifier l’abandon d’une « littérature de salut », dans laquelle excellait le Romantisme polonais, au profit d’une « littérature de témoignage ». L’intention de témoigner, tantôt explicite, tantôt sous-jacente, inspire des auteurs aussi différents que Gustaw Herling-Grudziński, Tadeusz Borowski ou Miron Białoszewski. Elle assure un essor formidable au genre documentaire, brillamment renouvelé par Ryszard Kapuściński ou Hanna Krall. Le « témoignage de la poésie », au lieu d’être une belle métaphore, définit le mieux le sens profond de l’expression lyrique des plus grandes figures de la poésie polonaise comme Czesław Miłosz, Wisława Szymborska, Zbigniew Herbert, Tadeusz Różewicz. Quelques approches du domaine russe (Chalamov), tchèque (Hrabal), hongrois (Kertész) ou anglo-saxon (Auster) évoquent un contexte plus vaste du phénomène.
18 €
Éléments de grammaire historique du polonais, par Charles Zaremba
Le présent ouvrage constitue une esquisse des évolutions du
polonais dont la langue actuelle est le résultat. C’est un manuel
qui s’adresse avant tout aux étudiants de polonais, mais qui
pourra intéresser également tous les slavistes et linguistes généralistes
curieux de diachronie, parce que la quasi-totalité des
changements observés sont dus à des mécanismes linguistiques
communs à la plupart des autres langues slaves et pratiquement
exempts d’influences extérieures. Les problèmes sont abordés à
partir de faits de la langue actuelle, à travers la comparaison
avec d’autres langues de manière à permettre au lecteur de
remonter pas à pas dans le passé de la langue, jusqu’à la période
préhistorique, c’est-à-dire non documentée par des textes.
Si on ne compte pas les mots isolés, le polonais s’écrit depuis
le XIVe s., sans interruption, malgré les vicissitudes de l’Histoire,
selon des principes fixés à la Renaissance et qui n’ont pas connu
depuis lors de changements fondamentaux, ce qu’illustrent les
textes vieux-polonais de l’annexe.
Le passé éclaire le présent, dit-on. C’est particulièrement vrai
pour la langue.
18 €
Cahiers LÉON TOLSTOÏ - Tolstoï écrivain et la critique
publié sous la direction de Catherine Depretto
Si la pensée de Léon Tolstoï a suscité des réactions contrastées, son œuvre littéraire a aussi donné lieu à des appréciations variées. Au jugement des contemporains, critiques professionnels ou artistes, est bientôt venu s’ajouter un ensemble impressionnant de travaux et d’études dont il est quasiment impossible de dresser un panorama complet aujourd’hui.
Sans prétendre à l’exhaustivité, le présent volume des Cahiers Léon Tolstoï veut éclairer quelques-unes des étapes de la réception dont l’œuvre du romancier a été l’objet, sur la longue durée des XIXe et XXe siècles, dans la Russie impériale, puis soviétique, dans l’émigration et à l’étranger, sans s’attacher nécessairement aux angles d’approche les plus connus, tel celui de la confrontation à Dostoïevski, classique depuis Merejkovski. On découvre ainsi des regards critiques moins célèbres, mais tout aussi stimulants, ceux des premiers lecteurs d’Anna Karénine, des écrivains Droujinine et Tchékhov, celui du philosophe Constantin Leontiev, un des rares à aborder la question du style de l’écrivain. On peut suivre ainsi l’émergence d’une véritable critique de fond qui s’attache à mettre au jour les particularités de l’écriture tolstoïenne. Si, malgré son titre, l’ouvrage du philologue Dmitri Ovsianiko-Koulikovski ne dépasse pas le cadre d’une analyse psychologique des personnages, Boris Eichenbaum, en revanche, porté par les intuitions de Chklovski sur la « défamiliarisation » (ostranenie) comme clé de l’art de Tolstoï et sensible à l’importance de ses journaux personnels, fait franchir une étape importante à la critique universitaire.
Parallèlement, le volume n’ignore pas l’enjeu qu’a pu représenter Tolstoï, les utilisations dont son nom a pu être l’objet, en U.R.S.S. et dans l’émigration, comme la place qui fut la sienne auprès des écrivains français.
10 €
Construire le temps : Études offertes à Jean-Paul Sémon
réunies par Jean Breuillard et Serge Aslanoff
Il y a le temps du monde, le temps chronologique, celui
des astronomes, des sciences exactes, de la vie sociale, qui se mesure en secondes, en heures, en années, en siècles, en millénaires.
Il y a le langage, qui dit le temps avec ses propres
moyens : restitution du flux temporel ; expression de l’antériorité, de la simultanéité, de la postériorité, de l’action en cours ou achevée ; repérage par rapport au temps de l’énonciation, etc. Et chaque langue a sa manière propre de remplir cette tâche : la langue « construit » le temps.
Et il y a la culture et la littérature, qui ont elles aussi leur façon de dire et de « construire » le temps. Telle est l’idée centrale qui structure cet hommage au professeur Jean-Paul Sémon, rendu par ses disciples, ses anciens étudiants et ses collègues. Slaviste au plein sens du mot, créateur d’un appareil conceptuel original et novateur, promoteur d’une syntaxe du sens, Jean-Paul Sémon a profondément marqué l’étude de l’aspect verbal. Le nombre des langues – slaves et autres – qu’il connaît et pratique, l’étendue de ses intérêts qui s’étendent à la littérature et à la civilisation, se reflètent dans l’éventail de cette quarantaine d’études qui explorent la manière dont les langues naturelles disent et construisent le temps, plus particulièrement le russe et les autres langues slaves, dans leur passé et dans leur présent, ainsi que dans la culture et la littérature.
Un volume de 720 pages, illustrations.
Joseph Conrad, un Polonais aux confins de l’Occident
publié sous la direction de Maria Delaperrière
Comment lire Conrad aujourd’hui ? Quels sont les aspects de son œuvre qui touchent le plus la sensibilité de nos contemporains soumis aux assauts d’un relativisme généralisé, à de constantes interrogations sur leur identité ? Quelle est la part des inspirations conradiennes chez Miłosz, Jünger, Céline, Esterhazy... et bien d’autres auteurs qui rejoignent le grand romancier britannique, d’origine polonaise, dans son errance désespérée, son héroïsme amer et son inaltérable souci de l’honneur et de la dignité ?
Des spécialistes des littératures polonaise, française, hongroise, anglo-saxonne, allemande se sont penchés sur l’actualité et la perennité de son œuvre. Aujourd’hui, l’engagement de Conrad éclate avec force, depuis son hostilité viscérale à la tyrannie tsariste jusqu’à la défense des victimes de l’oppression coloniale.
Publié en coédition avec la Société historique et littéraire polonaise
Un volume de 272 pages, illustrations.
18 €
Revue des études slaves
ENTRE LES GENRES : L’écriture de l’intime dans la littérature russe XIXe-XXe siècles
sous la direction de Catherine Depretto
MILCHINA Vera, Journal, lettres, chronique culturelle : le cas d’Aleksandr Turgenev
ROLET Serge, La Révolution comme épreuve personnelle : le Journal de Leonid Andreev (1914-1919)
CZERNY Boris, Géographie de la mémoire dans la littérature russe-juive
18 €
La Tchécoslovaquie, 1938-1941 : chute et rétablissement d’une nation
rédaction et introduction par Milan Hauner
Le général de Gaulle a écrit dans ses Mémoires de Guerre : « À mesure des désastres de juin, la Grande-Bretagne avait vu arriver sur son sol les souverains et les ministres […]. Les Tchécoslovaques entreprenaient de s’organiser […]. La France Libre attirait surtout les plus inquiets et les plus malheureux, tels les Polonais et les Tchèques. À leurs yeux, nous qui restions fidèles à la tradition de la France, représentions, par là même, une espérance et un pôle d’attraction. En particulier, Sikorski et Beneš […] au milieu des intrigues et des susceptibilités qui compliquaient pour eux le malheur, établirent avec moi des rapports constants et suivis. Jamais peut-être, mieux qu’au fond de ce gouffre, je n’ai senti ce qu’était, pour le monde, la vocation de la France. »
C’est ce désastre qu’illustre ce texte inédit d’Édouard Beneš, président de la Tchécoslovaquie, contraint de quitter son pays à la suite des tragiques accords de Munich de septembre 1938, qui sacrifiaient un des plus fidèles alliés de la France.
Milan Hauner, historien tchéco-américain, nous livre un manuscrit particulièrement intéressant (qu’il met en contexte), parce qu’écrit à chaud, en 1941, à un moment où l’issue de la guerre était inconnue : Beneš y fait preuve d’une remarquable lucidité et d’un optimisme à toute épreuve quant à la victoire de la démocratie, et des démocraties. Il raconte son combat pour effacer « Munich », qu’il n’avait ni su anticiper ni pu empêcher.
Au moment de la commémoration du soixante-dixième anniversaire de ces tragiques événements, cette parution est une pièce importante à verser à la tumultueuse histoire de l’Europe et montre qu’une fois de plus, le destin de l’État tchécoslovaque a été au xxe siècle une sorte de baromètre du climat international.
12 €
La littérature polonaise à l’épreuve de la modernité, par Maria Delaperrière
Depuis deux siècles, la culture polonaise, comme bien d’autres, est traversée par les crises du monde moderne, qu’elles soient d’ordre historique, existentiel ou spirituel. Elles se traduisent par une explosion de la création artistique et littéraire qui étonne par sa richesse, sa diversité et aussi par ses antinomies profondes (tradition / nouveauté, fascination / déception, esthétique / engagement…) qui deviennent l’expression la plus fulgurante de sa marque identitaire. Cet ouvrage propose une étude approfondie de thèmes et de mouvements artistiques de la littérature polonaise moderne saisie dans une perspective européenne. Il retrace l’évolution de l’imaginaire et de la pensée des poètes et écrivains polonais du romantisme à nos jours. Sa structure volontairement fragmentaire échappe à la linéarité d’une histoire littéraire classique pour s’ouvrir à de nombreuses interrogations sur le sens et le rôle de la littérature.
Un volume de 480 pages, illustrations
Vie de Kaïne bandit russe et mouchard de la tsarine, par Ecatherina Rai-Gonneau
Voleur, brigand, délateur, violeur et indicateur de police, tel est cet Ivan Osipov Kain, que la littérature transforme en 1775, vingt ans à peine après sa disparition des annales, en un mythe appelé à traverser les siècles.
Bandit-baladin, audacieux, rusé, invincible et souvent cruel, aussi habile à couper les bourses et à percer les coffres qu’à manier le jeu de mots ou le bout rimé, Van´ka Kain assassine, mais il fascine. Et pas seulement les auteurs de romans policiers.
Né avec le roman russe, il gagne ses galons de héros épique dès le règne de la Grande Catherine. Sous Eltsine, on ira ensuite jusqu’à le charger d’inculquer les vertus civiques et chrétiennes aux jeunes enfants… Entre-temps, il aura incarné aussi la liberté cosaque, la fierté nationale russe et redressé bien des torts, puis connu soixante-dix ans d’éclipse sous le régime soviétique.
Ce livre réunit pour la première fois les trois textes qui ont donné naissance au personnage légendaire : deux œuvres anonymes, le Récit court (jamais réédité sous sa forme originale depuis sa parution en 1775), l’Autobiographie de Kain (1777), et l’Histoire de Van´ka Kain (1779), un roman écrit par Matvej Komarov. Le cœur de l’ouvrage est donc constitué des éditions critiques de ces textes, à partir de toutes les éditions subsistantes du XVIIIe siècle, et de leur traduction. Il propose aussi une chronologie de la vie du véritable Kain, un aperçu du système pénal russe au XVIIIe siècle, un répertoire biographique des personnages historiques du récit et un petit guide de Moscou à l’époque des tsarines Anna Ioannovna et Élisabeth.
Un volume de 384 pages, illustrations.
Autour du skaz - Nicolas Leskov et ses héritiers
publié sous la direction de Catherine Géry
Le skaz de l’écrivain russe N. S. Leskov et de ses héritiers au XXe et au XXIe siècle, qu’ils soient « reconnaissants » ou « iconoclastes », témoigne de la permanence en Russie d’une culture du récit qui parvient à survivre à toutes les tentatives de déconstruction pour écrire/dire une autre histoire, en marge de l’historiographie officielle. Dans le skaz, la forme même du récit et ses modalités énonciatives sont posées comme un outil de connaissance et peuvent être assimilées à une véritable vision du monde. Par le biais de la réhabilitation de l’oralité et du principe narratif en littérature, le skaz propose des reconstructions compensatoires de la réalité, susceptibles de solliciter divers types de discours : on y trouve pêle-mêle les réminiscences de contes populaires, fables, légendes, chroniques, textes hagiographiques ou édifiants. Ces genres marqués au sceau du collectif et de la tradition ont été sans cesse revisités par les acteurs de la modernité. Du conte oral tel qu’il a été canonisé par Leskov au « monologue d’estrade » de Grichkovets, en passant par les tentatives de constitution d’une nouvelle prose soviétique au début des années vingt, « l’illusion du skaz » (selon l’heureuse expression de Boris Eichenbaum) s’est révélée féconde. L’héritage ne suit d’ailleurs pas une seule ligne chronologique : il est aussi transculturel (le skaz russo-juif, par exemple) et peut même faire se rencontrer plusieurs domaines esthétiques, avec les notions de skaz cinématographique ou de skaz scénique.
Jouant de codes conflictuels comme l’écrit et l’oral, le populaire et le savant, le verbe et le geste, le skaz semble donc voué à une perpétuelle remise en perspective, qui s’enrichit ici des apports de la linguistique, de la philosophie et de la théorie des genres.
À l’aube de la Russie moscovite - Serge de Radonège & André Roublev - Légendes et images (XIVe-XVIIe siècles) par Pierre Gonneau.
Serge de Radonège († 1392) et André Roublev († v. 1430) sont connus
de tous ceux qui s’intéressent à la spiritualité et à l’art sacré russes.
Réformateur de la vie religieuse, saint charismatique protecteur de l’orthodoxie et de la dynastie moscovite, Serge est surtout le fondateur de l’abbaye (Laure) de la Trinité qui, depuis 1342, est l’un des cœurs battants de l’identité russe. C’est pour l’ornementation de l’abbatiale du monastère, construite entre 1422 et 1427, que Roublev peignit la fameuse icône de la Trinité,
sans doute l’image russe médiévale la plus diffusée dans le monde. « Pour
comprendre la Russie, il faut comprendre la Laure, pour pénétrer dans la
Laure, il faut étudier avec la plus grande attention son fondateur » écrivait
en 1919 Pavel Florenskij, intellectuel et religieux, moine et ingénieur, mystique défenseur d’une idéale synthèse entre cénobitisme et communisme. Il ajoutait que si la fameuse icône de la Trinité est, certes, due au pinceau de
Roublev, son véitable auteur est Serge, qui a su régénérer le mouvement
monastique en Russie.
Ce livre rassemble le dossier des sources concernant Serge de Radonège et
André Roublev. La partie la plus importante est consacrée à la traduction de
la Vie de Serge, à partir du manuscrit dit de la Vie enluminée (v. 1589-
1592) qui comprend plus de six cents images. Les données des chroniques
et des rares documents d’archives contemporains de l’existence de Serge ont
été croisées avec le récit hagiographique. Parallèlement, les enluminures du
manuscrit ont été rapprochées des autres images dépeignant Serge, en particulier des icônes.
La même approche comparative est appliquée aux notices de chroniques,
les documents d’archives et les textes hagiographiques qui permettent de
retracer – en pointillés – la carrière de peintre de Roublev, qui attestent de
sa réputation de sainteté et qui montrent la renommée dont jouissait son
œuvre.

