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Thessalonique, 28-30 novembre 2013
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Cyrille et Méthode : Byzance et le monde des Slaves


Conférence internationale
Thessalonique, 28-30 novembre 2013

En 2013 plusieurs conférences ont commémoré le 1150e anniversaire du début de la mission des saints Cyrille et Méthode en Grande Moravie (863). Leur ville natale de Thessalonique leur avait même dédié cette année. À la fin de novembre, le Centre d’études sur l’héritage culturel de Cyrille et Méthode et le Musée de la culture byzantine ont organisé une conférence internationale dont la coordination scientifique était assurée par le professeur émérite Antoine-Émile Tachiaos.
Le programme, particulièrement riche (plus de 70 communications), s’est décliné en deux sections parallèles, historique et philologique d’une part, culturelle au sens le plus large du terme d’autre part (musique, arts, architecture). Les langues officielles étaient le grec, l’anglais et le russe, et la traduction simultanée était assurée.

La première séance de la première section s’est intéressée à la place des Slaves dans le « commonwealth byzantin » (pour reprendre l’expression de D. Obolensky). On a pu y entendre le doyen des Byzantinistes tchèques, V. Vavřínek, I. Tarnanidis, M. Garzaniti, S. Nikolova, S. Ivanov. La deuxième séance a étudié l’importance de la vie et de l’œuvre de Cyrille et Méthode pour les Slaves. Les orateurs (G. Ziffer, B. Mirčeva, J. Zlatkova, K. Giakoumis et D. Bojović) ne se sont pas cantonnés au Moyen Âge, mais ont poursuivi leurs perspectives parfois jusqu’à nos jours. Cependant, l’autre section s’est penchée sur l’influence byzantine dans l’art religieux, la pratique liturgique et la vie quotidienne des Slaves, avec des communications d’A. Džurova, S. Harkov, I. Jordanov, Ž. Žekova, E. Freeman, A. Lidov. Une séance a été entièrement consacrée au développement de la peinture (contributions de C. Mavropoulou-Tsioumi, K. Nihoritis, I. Sisiou, J. Ćirić, A. Strati).

Dans la première section, l’après-midi de la première journée a eu une orientation plus textologique. Il convient de mentionner particulièrement la première communication sur le Psautier de Démétrius, découvert au monastère Sainte-Catherine du Mont-Sinaï, puisque l’honneur d’avoir décrit ce manuscrit en premier revient à I. Tarnanidis, professeur émérite de l’Université Aristote de Thessalonique (bien représentée par une dizaine d’autres communications). Après avoir rappelé cette histoire, la communication de H. Miklas a éclairé l’auditoire sur les moyens techniques et les méthodes nouvelles qui permettent désormais d’approfondir notre connaissance des plus anciens manuscrits slaves. Il a aussi été question de la mise au point du ou des alphabet(s) slaves (J. Fuchsbauer, D. Češmedžiev, P. Nikolopoulos, A. Delikari, K. Stančev) et des problèmes posés par les traductions slaves des œuvres byzantines (L. Taseva, G. Lenhoff, A. Anguševa-Tihanov, E. Crvenkovska). La deuxième section s’est occupée d’abord des questions d’art, épigraphie et musique (N. Dionysopoulos, N. Mertzimekis, M. Paisidou, D. Asković), avant de se préoccuper de l’impact de la tradition cyrillo-méthodienne sur la Slavia Orthodoxa, mais aussi sur la Slavia Romana. Plusieurs rapporteurs ont aussi abordé la signification œcuménique de l’œuvre des deux apôtres des Slaves dans le passé et le présent (I. Evangellou, R. Stankova, M. Jacek, P. Argarate).

Lors de la deuxième journée, la première séance de la première section a poursuivi le thème de la traduction des textes byzantins en version slave. Parmi les communications (T. Subotin-Golubović, D. Najdenova, P. Angelini, E. Mineva, I. Polemis), on retiendra particulièrement celle de S. Temčinas qui réussit à donner une nouvelle perspective sur la fameuse histoire de l’inscription sur le calice de Salomon racontée dans la vie de Cyrille.
La deuxième séance réunit des thèmes très divers : questions de textes originaux, de traduction et de linguistique (L. Matejko, T. Filiposki, T. Borisova, Z. Ranković, S. Mavrogeni). La première séance de la deuxième section s’est occupée des relations entre Byzance et la Russie ou plutôt son précurseur, la Rus’ (G. Prochorov, G. Gerolymatou, D. Picková, B. Fonkič, S. Paschalidis). Les communications englobaient presque tout le deuxième millénaire du XIe au XIXe siècle. La deuxième séance s’est élargie à tous les Slaves et en particulier à ceux des Balkans, du VIIe au XIXe siècle (G. Leveniotis, S. Patoura, A. Gkoutzioukostas, Z. Konk’ov, S. Pirivatrić, M. Litina).

L’après-midi a été d’abord divisé en deux sections. Dans la première on a parlé encore une fois de Byzance et de la Bulgarie, de la Serbie et de la Hongrie, mais cette fois-ci clairement dans le domaine de la philologie et de l’histoire (P. Sofoulis, V. Katsaros, A. Nikolov, P. Komatina, A. Zoltan). L’autre section a repris les questions du patrimoine cyrillo-méthodien dans la littérature en analysant des textes bibliques, homilétiques et historiques (T. Mostrova, E. Uhanova, L. Dolgušina, E. Naxidou, A. Papageorgiou).

La dernière séance était une séance plénière, consacrée entièrement au concept de « Slavia Orthodoxa », forgé par le slaviste italien Riccardo Picchio (1923-2011) qui aurait eu quatre-vingt-dix ans cette année (communications de R. Marti, L. Maksimović, H. Goldblatt).

Comme l’a souligné A.-E. Tachiaos dans son allocution de clôture, cette conférence a réuni tous les grands noms dans le domaine des études cyrillo-méthodiennes. Mais ce n’était pas seulement un regard vers le passé : on y a entendu aussi la voix de la nouvelle génération qui apportait un regard neuf sur beaucoup de questions. On attend maintenant la publication des communications, en cours de préparation.

Roland Marti
Université de la Sarre