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Lyon, 7-8 février 2014
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Lyon, 7-8 février 2014

La poétique autobiographique à l’Âge d’argent et au-delà
Lyon, 7-8 février 2014

Le colloque international « La poétique autobiographique à l’Âge d’argent et au-delà », organisé les 7-8 février 2014 au sein du Centre d’études slaves André Lirondelle (CESAL, Université Jean Moulin Lyon 3) sous la responsabilité scientifique de Svetlana Garziano, Maître de conférences de littérature russe à l’Université Jean Moulin Lyon 3, a réuni dix-sept spécialistes de la littérature russe dont sept chercheurs français et dix chercheurs étrangers. Cette manifestation scientifique a été ouverte par l’allocution de Jean-Claude Lanne, Directeur du CESAL, et celle de S. Garziano. Six thèmes ont structuré ce colloque.


Le premier questionnement portait sur les réflexions autour de la définition de la poétique autobiographique et du rapport entre autobiographie et poésie. Le colloque fut inauguré par l’intervention de Georges Nivat (Université de Genève) qui a présenté l’œuvre d’A. Solženicyn comme une autobiographie écrite à contrecœur, comme ce fut le cas pour Herzen, et comme une recherche du père jamais connu, mais inséré dans le roman historique. Michel Niqueux (Université de Caen Basse-Normandie) a parlé des fausses autobiographies à l’Âge d’argent et du motif de la naissance au sein de la nature sur l’exemple des poésies autobiographiques de S. Klyčkov et d’autres poètes. Natalia Gamalova (Université Jean Moulin Lyon 3) a montré qu’I. Annenskij était contre l’inclusion de traits autobiographiques dans une œuvre artistique.

La section « Autobiographie et futurisme » a été animée par Jean-Claude Lanne (Université Jean Moulin Lyon 3) qui a développé la figure du « je » construit chez V. Xlebnikov. Arlete Cavaliere (Université de São Paulo) a démontré que la théâtralité lyrique et le lyrisme théâtral de V. Majakovskij étaient fondés sur le principe de construction / déconstruction artistiques. Vera Terëkhina (Institut de la littérature mondial A. M. Gorky) a suivi les traces du genre autobiographique dans « Moi-même » et « J’aime » de V. Majakovskij.

Ensuite les colloquants ont abordé le thème de la poétique autobiographique dans l’émigration. Irina Sakhno (Université russe de l’Amitié des peuples) a étudié la fonction de l’autoportrait dans les écrits autobiographiques de N. Berberova et O. Gil’debrand-Arbenina, en tirant la conclusion que les lois de genre (masculin/féminin) se neutralisaient dans les vrais genres littéraires, notamment dans le genre autobiographique. Gayaneh Armaganian-Le Vu (ENS Lyon) a comparé les mémoires d’I. Odoevceva à l’autobiographie de N. Berberova. S. Garziano a montré l’importance du silence dans la poétique autobiographique de V. Nabokov.

La seconde journée de travail a commencé par la section « Autobiographie et art ». Rita Giuliani (Université de Rome "Sapienza") s’est arrêtée sur les modalités de l’écriture subjective que P. Muratov utilise dans Les images d’Italie (1911-12) pour décrire des changements survenus à Rome. Lioudmila Kastler (Université Stendhal-Grenoble3) a développé l’image de l’artiste-poète dans Ma vie de M. Chagall.
Le thème « À la lisière de l’autobiographie et de la fiction » a été articulé autour de trois exposés. Lev Mnoukhine (Musée Marina Tsvetaeva à Bolchevo) a examiné les liens qui existent entre l’art épistolaire et la prose autobiographique de M. Cvetaeva. Gervaise Tassis (Université de Genève) a étudié le procédé d’un récit autobiographique flouté dans Le Voyage de Gleb de B. Zajcev, une œuvre de fiction qui se transforme progressivement en une autobiographie impersonnelle de l’auteur. Dimitri Tokarev (Institut de littérature russe, Maison Pouchkine) a évoqué les particularités du discours autobiographique dans la fiction et les journaux intimes de B. Poplavskij : le journal, de même que la prose et la poésie, est un fragment d’une « correspondance avec Dieu » que Poplavskij a menée tout au long de sa vie.

Le dernier axe portait sur le journal intime. Nikolaï Bogomolov (Université d’État de Moscou) a donné une définition du journal intime comme genre quasi littéraire et comme texte mnémonique présentant le temps et ses circonstances, en se basant sur l’exemple de V. Xodasevič et M. Kuzmin. Elena Raskina (Institut des sciences humaines et linguistiques (MGLI), Moscou) a éclairé le concept religieux et philosophique de l’Âge d’argent dans Le journal en vers de N. Ocup, poète qui a forgé l’expression de « siècle d’argent ». Gérard Abensour (ENS Lyon et INALCO) est intrigué par une curieuse contradiction : peut-on écrire "en vers" un « journal intime » ? D’autant plus que ce « journal » relève en fait du genre des « mémoires ». Il note que la deuxième partie des souvenirs d’Ocup qui couvre la période cruciale 1919-1945 occulte parfois ce qu’on peut savoir de sa biographie.
J.-C. Lanne et S. Garziano ont clôturé cette manifestation scientifique, en en dressant le bilan. Les actes de ce colloque international seront publiés dans le numéro 16 de Modernités russes.

Svetlana Garziano, Université Jean Moulin