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Paris, 29 novembre 2013
> L’Europe centrale dans les relations entre la France et l’URSS dans l’entre-deux-guerres : enjeux nationaux, régionaux, internationaux
Paris, 29 novembre 2013

L’Europe centrale dans les relations entre la France et l’URSS dans l’entre-deux-guerres : enjeux nationaux, régionaux, internationaux
Paris, 29 novembre 2013

Le 29 novembre 2013 s’est tenue à l’Université Paris Diderot Paris 7 une journée d’études intitulée L’Europe centrale dans les relations entre la France et l’URSS dans l’entre-deux-guerres : enjeux nationaux, régionaux, internationaux, qui a réuni des chercheurs français, biélorusses, russes et hongrois. Cet événement était organisé par l’Université Paris 7 (Laboratoire ICT), l’Université d’État biélorusse (BSU ; Département d’Histoire des Slaves du Sud et de l’Ouest) et l’Université Paris 3 (Centre Interuniversitaire d’études hongroises et finlandaises), avec le soutien du Centre franco-biélorusse d’études européennes à Minsk, de la Fondation Maison des Sciences de l’Homme (programme Russie-CEI) et de l’Institut hongrois à Paris.

L’objectif de cette rencontre était de confronter de nouvelles recherches portant sur le rapprochement franco-soviétique de 1932-1935 en lien avec les politiques conduites par ces deux pays en Europe centrale, et d’apporter ainsi de nouveaux éclairages sur la reconnaissance tardive de l’URSS en 1934 par quatre pays centre-européens (la Hongrie, la Roumanie, la Tchécoslovaquie et la Bulgarie).

La session du matin, présidée par Balázs Ablonczy (Institut hongrois à Paris) était consacrée au contexte général du triangle des relations France-Europe centrale-URSS, sur les plans idéologique, géopolitique et économique. Tout d’abord, Sophie Cœuré (univ. Paris 7) a mis en exergue la faiblesse apparente de la puissance soviétique à l’extérieur dans l’après Octobre 1917 et l’a replacée dans la perspective plus large des relations « Est-Ouest » au XXe siècle. Elle a proposé une interprétation des « cartes mentales » françaises et bolchéviques concernant l’Europe centrale en 1917–1924. Traian Sandu (univ. Paris 3) a ensuite précisé les enjeux stratégiques des années 1930. Il a souligné que l’axe Paris-Prague-Bucarest-Moscou était le fruit d’une politique française en Europe centrale, que l’on peut définir par la notion de « condominium accepté », soit un partage d’influence avec une autre puissance amie, en l’occurrence, l’URSS. Sergey Ledenev (univ. Paris 7–MGU) a quant à lui consacré son exposé aux intérêts économiques de la France et de l’URSS dans les années 1930 et a analysé leur commerce du pétrole et leur collaboration dans les transports ferroviaires et aériens.

La deuxième session du colloque, présidée par Judit Maar (Paris 3), s’est focalisée sur le processus de reconnaissance de l’URSS par la Roumanie (Vitali Repin, BSU), la Tchécoslovaquie (Andrei Bucha, BSU) et la Hongrie (Aliaksandr Piahanau, BSU et univ. Paris 7), à la lumière de nouvelles archives. Dans ce processus, V. Repin a insisté sur l’importance du compromis temporaire entre Moscou et Bucarest (« gentlemen agreement Litvinov-Titulesko ») dans leur conflit sur la Bessarabie. Le cas de la Tchécoslovaquie, autre allié de la France, a été décrit par A. Bucha comme résultant d’une volonté tchèque de se rapprocher de Moscou, Prague tentant même de pousser la Petite Entente et la France dans cette direction. Enfin, A. Piahanau a montré que la normalisation diplomatique entre Budapest (la première des capitales de la région à reconnaître l’URSS en 1934) et Moscou résultait des médiations italienne et turque - tandis que la France restait à l’écart - ; mais aussi de la crainte que la Petite Entente puisse reconnaître l’URSS, ce qui a amené la Hongrie à accélérer le processus.

La présentation de Paul Gradvohl (univ. de Lorraine et de Varsovie) a clos la journée, tirant les conclusions des exposés précédents et replaçant l’évolution des rôles soviétique et français en Europe centrale dans la logique de l’effondrement du système de Versailles et de l’essor d’idéologies ethnocentriques.

Les contributions à cette journée d’études seront publiées conjointement en 2014, en français dans les Cahiers de la nouvelle Europe et en russe dans la revue « Recherches slaves et russes (Российские и славянские исследования).

Aliaksandr Piahanau (Université d’État biélorusse – Université Paris Diderot)